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Une semaine cruciale pour la Grèce privée de son Premier ministre

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La Grèce aborde lundi une semaine  cruciale face à ses créanciers internationaux, avec un Premier ministre Antonis  Samaras et son nouveau ministre des Finances indisponibles pour raisons de  santé.    L'annonce est tombée dimanche que M. Samaras, 61 ans, qui avait subi la  veille une délicate et urgente opération de l'oeil, ne pourrait représenter au  plus haut niveau la Grèce au sommet européen des 28 et 29 juin.    Le cas de la Grèce, qui réclame une révision de son plan d'austérité,  figurera en haut des dossiers brûlants de la zone euro lors de ce sommet.  Parallèlement, le nouveau ministre des Finances, Vassilis Rapanos, 65 ans,  reste hospitalisé.    Attendue lundi à Athènes, une mission de la "Troïka" - UE, BCE et FMI -  pour un audit lié à cette renégociation du "memorandum" a dû reporter sa visite  à une date encore inconnue, a indiqué à l'AFP une source gouvernementale.    Ce double coup du sort fait que la Grèce, en quasi-faillite, sera  représentée par défaut à Bruxelles par son chef de la diplomatie, Dimitris  Avramopoulos, et ne dispose que d'un ministre des Finances par interim, George  Zannias.    Le dirigeant conservateur rentrera lundi chez lui. Mais il lui faudra "des  jours et des semaines" pour recouvrer la "pleine possession de ses moyens", a  averti son chirurgien, Panagiotis Theodosiadis.    "Le peuple grec a voté pour que la Grèce reste dans l'euro. Il n'y a pas  une minute à perdre. Nous ne pouvons rester un pays à la dérive", avait-il  lancé dimanche dernier après sa victoire aux élections législatives sur la  gauche radicale.    Vainqueur avec seulement 30% des votes exprimés, M. Samaras a dû former un  fragile gouvernement d'union nationale avec les socialistes du Pasok, et une  petite formation de gauche modérée, le Dimar.    Victime vendredi d'un sérieux malaise, sans avoir eu le temps de prêter  serment, M. Rapanos est chargé de la révision de ce memorandum signé en février  avec l'UE et le FMI en l'échange d'une nouvelle aide massive.    Le gouvernement grec a posé officiellement samedi ses exigences d'un report  minimum de deux ans, à horizon 2016, des objectifs d'assainissement, et d'une  remise en cause de mesures prévues dans le mémorandum.    Ainsi, il se prononce pour un gel de la suppression de fonctionnaires,  alors que 150.000 postes devaient être supprimés jusqu'en 2015 et 15.000 cette  année, ou encore pour l'extension de un à deux ans des allocations chômage.    Citant un rapport interne des créanciers internationaux, le magazine To  Vima révèle que 70.000 fonctionnaires avaient été embauchés en 2010 et 2011, en  violation d'un engagement de la Grèce.    Depuis 2010, c'est une aide de 347 milliards d'euros - deux prêts de 110 et  130 milliards, et un effacement de dette de 107 milliards - qui a été accordée  à la Grèce, l'équivalent d'une fois et demie son PIB ou de 31.000 euros par  Grec.    Un report de deux ans induirait un nouveau prêt, en 2015, de l'ordre de 20  milliards d'euros, la Grèce se retrouvant alors toujours incapable de retourner  sur les marchés financiers pour emprunter.    Le gouvernement grec ayant brandi le scénario indigeste de la remise en  cause du plan, la troïka n'a eu d'autre choix, le scénario de la sortie de  l'euro étant mis de côté, que de dépêcher sans tarder une mission à Athènes.    Si Athènes parle de "révision", Bruxelles utilise le terme plus restrictif  d'"actualisation", des dissonances entre Paris et Berlin s'étant déjà fait  entendre sur le cas grec.    Les experts de la troïka retourneront en Grèce, où ils ont pris l'habitude  de braver l'impopularité, pour une mission d'évaluation. "Nous verrons sur  place, sur le terrain", a dit la directrice générale du FMI, Christine Lagarde.    Face à eux, les nouveaux responsables grecs vont débiter comme une litanie  des chiffres catastrophiques montrant une Grèce, au sortir de deux mois de  carence politique, à nouveau au bord de la cessation de paiements.    Privatisations au point mort, impôts non payés, crédits asséchés, réformes  oubliées, tous les objectifs macroéconomiques sont hors d'atteinte, et le  memorandum n'est plus qu'un document sans existence réelle.    En quittant le pouvoir en mai, le Premier ministre "technocratique" Lucas  Papademos avait dressé une liste de 71 points à régler avant juin pour  respecter le memorandum. Il en reste une soixantaine, selon un expert européen.    Le PIB est sur la pente d'une plongée de 7% en 2012, après une chute  cumulée de 10,2% en 2010-2011, le chômage atteint 22,6%. les caisses de l'Etat,  qui ne règle plus ses factures, seront vides mi-juillet, sauf renflouement  d'urgence.    Avec 6,5 milliards d'arriérés, l'Etat n'honore plus ses dettes aux  fournisseurs locaux, y compris les hôpitaux. Les banques, qui ont subi des  vagues de retraits, ont perdu plus du tiers de leurs dépôts depuis deux ans.
 
 
Algerie - ennaharonline
 
 

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