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L'Espagne pressée de toutes parts de demander de l'aide pour ses banques

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 L'Espagne était pressée vendredi de  toutes parts de demander un sauvetage européen pour ses banques, dont les  besoins se chiffrent en dizaines de milliards d'euros, et pourrait même être  contrainte de franchir le pas plus tôt que prévu, peut-être dès ce weekend.    Même si le gouvernement espagnol, hostile à un plan d'aide global pour son  économie, assure qu'aucune décision n'est encore prise sur une éventuelle  demande d'aide pour ses banques, une réunion samedi de hauts fonctionnaires de  la zone euro, consacrée à cette question, était dans l'air à Bruxelles.    Et ce à deux jours de la publication très attendue, lundi, d'un rapport du  Fonds monétaire international (FMI), qui chiffrera selon les médias à 40  milliards d'euros les besoins des banques espagnoles.    "Il y aura quelque chose ce week-end, je ne sais pas encore si ce sera au  niveau des ministres (européens, ndlr) ou des hauts fonctionnaires", a expliqué  une source proche du dossier.    "Les esprits sont mûrs en Europe pour une aide à l'Espagne, mais pas encore  en Espagne. Donc il y a une pression sur Madrid pour qu'elle demande l'aide, et  la zone euro se tient prête à réagir dès que besoin, si possible dès ce  week-end", a ajouté cette source.    Le vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), le Portugais  Vitor Constancio, a lui demandé à Madrid d'apporter une "réponse urgente" à la  question du sauvetage des banques, pour "calmer les marchés".    L'agence de notation financière Moody's a elle prévenu dans un communiqué  que l'évolution de la situation de la Grèce et de l'Espagne pourrait l'inciter  à abaisser la note de nombreux pays de la zone euro, y compris celle de pays  bénéficiant de la note maximale Aaa, comme la France ou l'Allemagne.    Inquiet des répercussions de la crise européenne, le président américain  Barack Obama a lui aussi plaidé en faveur d'une consolidation du système  bancaire et d'une coordination des politiques budgétaires en Europe.    "Il faut agir au plus vite pour injecter des capitaux dans les banques en  difficulté", a-t-il déclaré.    Au lendemain de la lourde sanction infligée à l'Espagne par l'agence Fitch,  qui a abaissé sa note de trois crans, à BBB, la Bourse de Madrid a ouvert  vendredi sans surprise dans le rouge.    Cette tension a rejailli sur l'ensemble des Bourses européennes, confirmant  que l'Espagne, quatrième économie de la zone euro, est aussi au coeur de toutes  les inquiétudes.    Mais le marché espagnol est ensuite repassé dans le vert, à la faveur  d'informations de presse selon lesquelles Madrid pourrait demander dès samedi  une aide pour ses banques, dont les détails seraient définis lors d'une  conférence téléphonique de l'Eurogroupe.    "Pour l'instant, il n'y a aucune réunion de niveau ministériel prévue ni  convoquée en ce moment", a réagi la porte-parole du gouvernement, Soraya Saenz  de Santamaria.    La Commission européenne a de son côté assuré qu'elle n'avait "pas de  nouvelles d'une demande d'aide financière de la part de l'Espagne" et la  chancelière allemande Angela Merkel a nié toute pression en ce sens sur Madrid.    Une réunion de hauts fonctionnaires des ministères des Finances de la zone  euro pourrait toutefois avoir lieu ce week-end, ont indiqué vendredi à l'AFP  deux sources diplomatiques européennes.    Le ministre démissionnaire des Finances des Pays-Bas, Jan Kees de Jager, a  lui indiqué vendredi qu'il "n'excluait pas" la tenue samedi d'une conférence  téléphonique de l'Eurogroupe.    Les marchés semblent perdre patience, espérant sans doute voir cette  question réglée avant les élections grecques du 17 juin.    Mais Madrid reste inflexible: "aucune décision n'a été prise, dans aucun  sens", a insisté la porte-parole espagnole, car "nous attendons les chiffres  que doivent nous fournir ceux qui évaluent la situation de notre système  financier".    Après la publication du rapport du FMI, un audit mené par les cabinets  allemand Roland Berger et américain Oliver Wyman doit être remis au plus tard  le 21 juin au gouvernement.    Mais les choses pourraient bouger avant: le Conseil d'administration du FMI  devait en effet se réunir vendredi pour adopter le rapport sur les banques  espagnoles, selon une source proche du dossier interrogée par l'AFP.    "Il y a de plus en plus de signes que l'Espagne soumettra sa demande d'aide  financière au (fonds de secours européen) FESF ce week-end, pour soutenir ses  banques", assure Ralph Solveen, analyste de Commerzbank, dans une note.    Reste à savoir le montant de cette aide: Fitch évalue les besoins du  secteur entre 60 et 100 milliards, contre 50 à 82 milliards pour Standard &  Poor's.    L'Espagne obtiendrait ainsi, comme elle le souhaitait, une aide "sur  mesure" pour ses banques et non un sauvetage global du pays, qui irait de pair  avec des conditions strictes dictées par ses bailleurs de fonds internationaux.
 
 
Algerie - ennaharonline

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