La zone euro se réunit avec de nouvelles craintes sur la Grèce et l'Espagne

   
Après une période d'accalmie, la zone  euro va se réunir lundi dans un climat de tension, alors que l'impasse  politique en Grèce fait craindre une sortie du pays de l'Union monétaire et que  l'Espagne peine à convaincre de sa capacité à tenir ses engagements budgétaires.    Les ministres des Finances des 17 se réunissent à partir de 17H00 (15H00  GMT) à Bruxelles et devraient envoyer un message de fermeté à Athènes qui est  dans l'incapacité de former un gouvernement depuis le 6 mai et voit ainsi son  plan d'austérité sérieusement remis en cause.    Objectif: rappeler au pays qu'il ne recevra plus un centime sans mise en  oeuvre des réformes exigées par ses créanciers, l'UE et le FMI.    La zone euro a déjà fait passer le message cette semaine en ne versant pas  l'intégralité des sommes promises à Athènes, jugeant que les besoins du pays  sont couverts jusqu'en juin.    "Si les accords ne sont pas respectés, les conditions ne sont pas réunies  pour continuer avec un pays qui ne respecte pas ses engagements", a déclaré le  président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, évoquant une sortie  de la Grèce du "club" de l'euro. Un message qu'ont martelé plusieurs  responsables européens cette semaine, notamment en Allemagne.    "Il y a des messages très durs envoyés à la Grèce. On va voir si cela va  servir à mettre un peu de plomb dans la tête des hommes politiques", souligne  une source diplomatique européenne.    Une réunion de la dernière chance doit se tenir ce dimanche pour tenter de  former un gouvernement. En cas d'échec d'ici jeudi, de nouvelles élections  devront être organisées en juin, avec le risque de voir les partis opposés à  l'austérité obtenir la majorité et signer la fin de la Grèce dans la zone euro.    Autre sujet épineux pour l'Eurogroupe: la situation de l'Espagne.    En dépit de ces assurances, le pays ne semble pas à même de réduire son déficit à 3% l'année prochaine, comme il l'avait promis.    Dans ses dernières prévisions économiques rendues publiques vendredi, la  Commission table sur un déficit public de 6,3% du PIB l'année prochaine.    "La question est de savoir comment et quand on va affronter ce problème. Ca  ne sera pas lundi car il ne faut pas donner de mauvais signaux au marché",  estime une source diplomatique européenne.    Selon elle, la zone euro va attendre les recommandations de Bruxelles sur  les politiques et les réformes structurelles que compte mettre en place chaque  pays de l'UE. Ces rapports seront rendus publics le 30 mai.    En attendant, le ministre espagnol des Finances Luis de Guindos devra  rassurer ses partenaires lundi en leur donnant un aperçu des réformes que  Madrid compte mettre en place et justifier la nationalisation partielle de  Bankia, la grande banque espagnole la plus exposée au secteur immobilier, selon  un responsable européen.    Dans un registre plus politique, les ministres vont se pencher sur un  ensemble de nominations sensibles et maintes fois retardées. Sont concernés la  présidence de l'Eurogroupe, celle du Mécanisme permanent de secours de la zone  euro (MES) et un poste au directoire de la Banque centrale européenne.    Aucune décision ne devrait être prise lundi, selon plusieurs sources  européennes, compte tenu de la transition politique en France, après l'élection  du socialiste François Hollande comme président.    En revanche, les Européens vont tenter de se mettre d'accord mardi sur un  candidat unique pour prendre la tête de la Banque européenne pour la  reconstruction et le développement (Berd), avant une assemblée de cette  institution le 18 mai.    S'ils n'y parviennent pas, "cela signerait une perte d'influence  européenne", a estimé une source européenne. Cinq candidats sont en lice pour  ce poste.

 

 Algerie - ennaharonline

 

 

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