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A Cannes, le limousine blues de Cronenberg liquide le capitalisme
David Cronenberg a proposé à Cannes de liquider le capitalisme avec l'aide de Robert Pattinson dans "Cosmopolis" vendredi, ballade sombre et post-moderne à l'avant-veille du palmarès et de la clôture du festival. Enfermé dans une stretch-limo blanche à la dérive dans les rues de New York livrées au chaos, l'ex-vampire de "Twilight" endosse un costume de trader et les mots de l'écrivain américain Don DeLillo, dont Cronenberg a tiré son miel amer pour écrire le scénario. L'acteur de 26 ans confie avoir lu le script "comme un long poème mystérieux" auquel il n'a pas compris grand chose, déjà ébranlé que le réalisateur canadien ait pensé à lui. "Je n'ai pas changé un seul mot, pas même la ponctuation" au texte, a-t-il raconté après la projection. Avant d'ajouter, en riant: "Mais les acteurs ne sont pas censés être intelligents!". Petit génie de la finance doté d'une forme d'extra-lucidité sur les chiffres, Eric Packer, son personnage, qui semble vivre avec toujours un coup d'avance (même ses maîtresses sont nettement plus vieilles que lui), se moque de braver les embouteillages, l'état de siège dans lequel la visite du président des Etats-Unis a plongé la ville. Son agenda à lui, son obsession du jour, est de traverser Manhattan pour se faire couper les cheveux. En chemin, tandis que défilent sur les panneaux lumineux de Time Square les premiers mots du Manifeste du Parti Communiste - "Un spectre hante le monde..." - il convoque à bord de sa limousine ses conseillers et ses maîtresses, croise sa femme (avec laquelle l'histoire est morte avant d'avoir été vécue) et des manifestants qui balancent des rats et de la peinture rouge sur sa carrosserie.
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