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Les chevaux de Dieu", itinéraire intime des kamikazes des attentats de Casablanca
Dans "les Chevaux de Dieu", le réalisateur marocain Nabil Ayouch explique à l'AFP avoir voulu plonger dans la vie des kamikazes des attentats de Casablanca avant les faits, pour retracer les itinéraires psychologiques qui mènent à l'acte fatal "au-delà des manichéismes". Ce long-métrage de fiction présenté samedi dans la section Un Certain Regard aurait pu tenir du documentaire: 90% du casting, dont les deux personnages principaux, sont des acteurs non-professionnels, originaires pour la plupart du bidonville de Sid Moumen à Casablanca. Les deux futurs terroristes qui jouent des frères, le sont dans la vraie vie. Le réalisateur a mené une minutieuse enquête sur l'univers salafiste et la jeunesse démunie de Casablanca, allant jusqu'à rencontrer les familles des véritables kamikazes de l'attentat du 16 mai 2003, explique-t-il. Pourtant, l'image y est cinématographique et la fiction se nourrit de l'enquête pour transmettre "une émotion plus qu'un message". "Je ne fais pas des films pour faire passer des messages. J'en ai, en fait, un peu ras-le-bol d'entendre que misère sociale = kamikaze parce que c'est des raccourcis qu'on prend beaucoup, pas seulement en Occident mais aussi dans le monde arabe". "Si c'était vrai, il y aurait des millions de kamikazes", a-t-il expliqué. Le film plonge dans l'étroite relation de deux frères, Hamid (Abdelilah Rachid, au regard hypnotique), et Yachine (Abdelhakim Rachid), que l'on suit entre l'enfance -10 et 13 ans- et les attentats commis à l'âge adulte. Le titre fait référence à "une phrase assez ancienne prononcée à l'époque du Prophète, +Volez Chevaux de Dieu, à vous les portes du paradis s'ouvriront+, reprise dans la terminologie djihadiste moderne", notamment par Oussama Ben Laden. "Je trouve ça à la fois terrible et terriblement poétique comme manière d'exprimer une hargne guerrière", a-t-il confié.
Algerie - ennaharonline
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